Le Jardin des Sculptures fluides de Penone

Le Jardin des Sculptures fluides

Se développant sur un terrain qui s’étend sur trois hectares, le Jardin des Sculptures fluides de Giuseppe Penone présente des arbres en bronze, des fontaines et des bosquets. Il est agencé sur la base du Jardin des Fontaines qu’Amedeo di Castellamonte avait créé pour le parc du palais. Il se compose de quatorze œuvres, réalisées entre 2003 et 2007, et il est conçu comme un lieu sensoriel où les divers matériaux utilisés (arbres, marbre, eau, bronze, pierre et granit) scandent le passage d’une sculpture à l’autre, dans un état de fluidité continu entre les éléments, afin de découvrir les analogies qui lient les mondes minéral, végétal et humain. Le projet a été réalisé en collaboration avec le Château de Rivoli - Musée d’Art contemporain.

C’est à partir de la configuration du parc inférieur de la Venaria, et les siècles d’histoire qui s’y sont sédimentés, que Giuseppe Penone a affronté cette commande spécifique. Il a eu à sa disposition un terrain contigu au palais, cinq hectares subdivisés en carrés bien délimités.

Le Parc Inférieur, détruit au début du XVIIIe siècle, a été reconstitué sur le niveau qu’il avait et recouvre les centrales du palais. Mais il fallait restituer toute sa complexité à l’agencement des jardins du XVIIe où la composante végétale mêlée à un riche appareil de sculptures et de jets d’eau avait complètement disparu, et c’est là certainement l’aspect le plus original que présentent les Jardins de la Venaria.

L’œuvre

Le choix de conserver le plan de Castellamonte pour diviser le parc inférieur en une dizaine de sous-secteurs carrés a permis d’espacer les œuvres créées par l’artiste de façon à cadencer le parcours en offrant des pauses visuelles dans la découverte du projet global.
Les œuvres s’insèrent dans le jardin comme dans les salles d’exposition d’un musée. Le rythme est imprimé par des carrés précis délimités par des rangées de tilleuls et de bouleaux avec en arrière-plan les architectures de Castellamonte et dans le lointain les cimes des Alpes. Dans son ensemble, le parc inférieur marie l’histoire ancienne et la sensibilité contemporaine : les matériaux les plus typiques de la création artistique s’imbriquent dans les éléments naturels.

Avec la place de choix donnée à ces derniers, les idées qui ont inspiré le projet du Jardin des Sculptures fluides ont été l’intégration de la sculpture dans la nature et la transformation des matières avec le temps.

Ce n’est pas la première fois que l’artiste projette des installations environnementales permanentes. Il est intervenu dans les carrés du célèbre jardin historique des Tuileries, où il a eu à sa disposition des carrés et des bosquets. À Turin il a réalisé aussi en 2000 un jardin au-dessus de la nouvelle ligne de raccordement ferroviaire (le « Passante ferroviario ») en faisant pousser la végétation comme une bifurcation en forme d’arbre.

« La structure des fluides est analogue dans chaque élément. Un cours d’eau, un arbre dans sa croissance et un sentier ont des formes semblables », écrit Penone à propos de l’œuvre intitulée « Albero Giardino » (arbre jardin), créée en 2000 pour le Passante ferroviario. Dans ce travail à ciel ouvert, l’action humaine, donc la culture, comparée à la force des éléments naturels, est exprimée dans un sentier tracé par la végétation qui dessine le développement d’un arbre .

Dans le Parc Inférieur du Palais de Venaria aussi Penone se situe dans le prolongement du dialogue avec les éléments de la nature, à travers ses sculptures poétiques et inédites. Il a réorganisé la partie des jardins qui s’étend entre le mur de Castellamonte et le Grand bassin avec des œuvres environnementales où les éléments végétaux - arbres, haies, troncs d’arbres – et les matériaux les plus typiques de la création artistique – le bronze, la pierre et le marbre - se fondent harmonieusement en un mouvement agile qui accompagne le visiteur à la découverte de la beauté de la nature et de l’art, dans un dialogue fascinant entre l’ancien et le contemporain.

L’artiste a gardé le rythme et les proportions des bassins et des compartiments ornementaux du jardin du XVIIe et après deux ans d’études les lignes du Jardin des Sculptures fluides (2003 – 2007) se sont définies. Cet ensemble d’installations et de sculptures propose une réinterprétation originale du jardin baroque en formant le parcours du Parc Inférieur du Palais rythmé actuellement par onze œuvres.
Parmi les installations qui le composent : Tra scorza e scorza (« Entre écorce et écorce »), deux écorces en bronze monumentales qui renferment un grand arbre, Disegno d’acqua (« Dessin d’eau »), un plan d’eau où apparaît et disparaît une empreinte digitale. Non loin de là, la grande installation Pelle di marmo (« Peau de marbre »), une extension de quatre cents mètres carrés de dalles de marbre blanc dont les veines évoquent l’écoulement des éléments naturels dans un dialogue rapproché avec la sculpture Anatomia (« Anatomie »). Ce parcours complexe trouve ses articulations fondamentales dans les deux œuvres imposantes Direzione ‘verso la luce’ (« Direction ‘ Vers la lumière’ »), un arbre monumental en bronze, et Direzione ‘verso il centro della terra’ (« Direction ‘vers le centre de la terre’ »), placée au bout du jardin, en position renversée et pointant vers le centre de la terre.

Une collaboration inédite entre toutes les institutions impliquées a permis à l’artiste de projeter et réaliser un jardin conçu comme une œuvre totale, intéressant tout le Parc Inférieur de la Venaria.